Comment l’achat d’un Roomba a rendu mon dimanche excitant

Patrick Roy

Est-ce que j’en ai vraiment besoin?

Ma femme et moi faisions nos trucs du dimanche: jouer à des jeux vidéos rétro et boire du café en pyjama.  Bref, c’était un dimanche qui s’en allait nul part. Pas trop envie de faire du sport (y faisait chaud), pas trop envie d’aller voir des amis (on feelait sauvage) ou faire des choses d’adultes comme faire des rénovations chez nous et dire le mot «BTU» ou «Gyprock» de temps en temps. 

Tout ça pour dire qu’entre deux gorgées de café, ma blonde me fait remarquer qu’il y a des boules de poils qui roulent dans notre salon (comme dans les films Western).

«Ouin, faudrait passer la balayeuse…»

«…ouin, mais c’est plate passer la balayeuse.»

Je sais, je sais. Ça prend au maximum 15 minutes pour un condo à Montréal.  Mais ce sont 15 minutes à passer la balayeuse et non en train de jouer à un vieux jeu vidéo que je connais déjà par coeur ou regarder mon chat qui regarde un oiseaux qui regarde quelque chose (qu’est-ce que ça regarde un oiseau?).  Bref, ce sont 15 grosses minutes productives que je pourrais faire d’autres choses.

Et ma femme de me dire: «Je pense que ce serait nice si on avait un Roomba, tsé, le robot-aspirateur.»

«Peut-être, mais ça coûte super cher, non?»

«Pis?»

Un «pis» ne m’aura jamais aussi facilement convaincu.

C’est vrai que ce serait bien…

Je ne sais pas si c’est l’âge, mais on est devenu tout à coup excité…beaucoup trop excité. On s’imaginait déjà à PAS passer la balayeuse.  À fantasmer sur tous les 15 minutes ici et là qu’on aurait enfin pour nous-mêmes. Parce que, bien sûr, on pourrait faire des choses tellement plus intéressantes avec tous ces 15 minutes enfin libérés: comme faire du canot, du kayak, sortir avec des amis, visiter nos familles…ou jouer à des jeux vidéos rétro et boire du café en pyjama, mais plus longtemps (15 minutes plus longtemps pour être exact).

On était déjà en train de penser à des noms pour notre futur Roomba: Watson, Alfred, Terminator.  On a décidé de l’appeler Adam Smith parce qu’on se trouvait ben drôle avec notre concept de la main invisible et le robot-aspirateur (comme vous pouvez vous en rendre compte, on a quand même déjà pas mal de temps libre les dimanches…).

Bien sûr, comme des adultes responsables, on a regardé les reviews, visionné des vidéos YouTube pour s’assurer que ça fonctionnait bien. On veut quand même pas acheter n’importe quoi!

On a conclu que ça allait bien fonctionner avec notre condo.

Yé!  On va acheter Adam Smith!

Je me dépêche pour prendre l’autobus pour aller au Canadian Tire (il y avait le modèle qu’on voulait). Pendant le trajet, je me trouvais ben cool d’aller acheter un robot-aspirateur parce que je me rappelais les dimanches de mon enfance quand ma mère passait l’aspirateur et n’arrêtait pas de nous dire qu’on devrait plus se ramasser et faire attention aux tapis. Je n’aurai pas ce problème avec Adam!

J’arrive au Canadian Tire et je me dirige dans la rangée des aspirateurs. Premier constat: c’est surprenant qu’il existe autant d’aspirateurs qu’il existe de marques de barres tendres à l’épicerie (1 milliard pour être exact). Deuxième constat: il reste le modèle de Roomba qu’on veut acheter!

Je m’empresse de le prendre dans mes mains avant que quelqu’un d’autre me vole mes nouveaux 15 minutes de temps libre!

Et c’est là que ça me frappe…est-ce que j’ai vraiment besoin d’un robot-aspirateur?  Parce que…c’est quand même 425$!

C’est là que je constate que j’avais un p’tit boost d’adrénaline juste à l’idée de m’acheter quelque chose de nouveau.  Quelque chose que certaines personnes appelleraient affectueusement une «cochonnerie».

Wow! C’est fou l’effet psychologique que peut avoir d’acheter des nouvelles cochonneries…

…ouin, mais…mes 15 minutes de temps de libre? Je les veux! Ils m’appartiennent! Je veux les ravoir!

Et c’est ainsi que le court moment de lucidité que j’ai eu dans la rangée des aspirateurs s’est évaporé pour un achat impulsif qui a rendu mon dimanche excitant.

Car une fois arrivé chez moi et l’installation terminée, on a fait travailler Adam Smith et on s’est amusé à regarder notre chat qui regardait le Roomba qui lui regardait le plancher pour faire le ménage.

Tout ça pour dire que notre 15 minutes de temps libre supplémentaire, on l’a passé à regarder Adam Smith…

…ouin, je sais…

Est-ce que j’en ai vraiment besoin?

Non, mais c’était l’fun!

Et de temps en temps, je le pars avec mon téléphone intelligent pour faire peur à ma femme quand elle va au toilette la nuit.  Elle fait le saut à chaque fois! Tsé, je n’aurais jamais pu faire ça sans Adam Smith!

Bref, la nature humaine est plus compliquée qu’une simple question comptable.

Alors on fait quoi pour répondre à la question «Est-ce que j’en ai vraiment besoin» quand on se rend compte que la plupart d’entre nous sommes des humains avec des impulsions qui finissent plus souvent qu’autrement à prendre des décisions irrationnelles comme acheter un Roomba?

Full disclosure: je suis un comptable et moi aussi je fais des achats impulsifs.

Texte écrit par Patrick Roy, fondateur d’Ophelia.


En plus de parler d’argent avec un peu d’humour (parce qu’habituellement, la finance personnelle, c’est plate), Ophelia a pour mission d’aider les gens à rembourser plus rapidement leurs cartes de crédit avec un prêt à taux d’intérêt réduit tout en mettant de l’argent de côté.  L’épargne accumulée peut être utilisée pour la mise de fonds d’une maison, pour cotiser à un REER ou pour payer un voyage. Vérifier si vous êtes éligible en cliquant sur le petit bouton vert ci-dessous.  Ça ne prend que 21,33 secondes (à peu près).

Partager l’article

Recevez nos meilleures histoires

En savoir plus sur Ophelia