Furniture Shopping

Comment on a remeublé notre condo à grands coups de «ben oui»

Patrick Roy

Pendant le trajet en UBER, je m’efforçais à méditer.

Inspirer…expirer…inspirer…expirer…

Je regarde à gauche et ma femme fait la même chose, mais en me serrant un peu la main parce qu’elle a encore des flashbacks de la dernière fois qu’elle y a été.

Inspirer…expirer…inspirer…expirer…

Je me préparais déjà au pire: les gens qui arrivent de nul part et qui bloquent ton chemin, les personnes qui changent de direction sans prévenir (quand est-ce qu’ils vont se décider à mettre des règles de circulation dans cette place-là?), les couples qui se chicanent sur la couleur du prochain sofa, le labyrinthe sans fin…

Même le chauffeur UBER avait l’air stressé quand on lui a dit où est-ce qu’on s’en allait.

Les trois ensemble: inspirer…expirer…inspirer…expirer…

Bref, tout ça pour dire que ma femme et moi, on s’en allait au IKEA.

On était quand pas mal excité d’y aller, parce qu’on venait tout juste de s’acheter un nouveau condo.

Yééééé!!!!!

Au tout début, on avait planifié de garder nos vieux meubles, question de sauver un peu d’argent pour en mettre dans notre fonds d’urgence. On se disait qu’ils avaient fait la job jusqu’ici et qu’ils pourraient continuer à le faire.

Mais assez vite, on s’est dit: «Pis d’la marde!  On part avec du neuf!». Personne s’est obstiné là-dessus.  Même le chat avait l’air pas mal excité de faire ses griffes sur un nouveau sofa!

Mais…inquiétez-vous pas…on s’est fait un budget.  Bon, peut-être pas un budget Excel parce que…comment dire ça poliment…c’est vraiment plate? À la place, on s’est fait un budget dans notre tête…clairement, la meilleure façon de ne PAS respecter son budget.

Bref, on s’était dit qu’on allait dépenser environ 1200$ sans trop décider quels meubles on allait acheter. On va tout simplement se laisser inspirer par le moment présent…

On arrive au IKEA, complètement «médité».  On prend notre p’tit papier pour écrire le numéro des meubles et un crayon IKEA. Pas besoin de prendre le ruban en papier, j’ai amené mon propre tape à mesurer (ouin…j’ai maintenant 30 ans…je développe des réflexes de Monsieur).

Assez rapidement, on arrive dans la section des sofas.  On s’était donné environ 300$ de budget…mais à ce prix-là, la meilleure chose qu’on pouvait s’acheter, c’était une planche de bois avec du simili-tissu. Pas très très inspirant…

«Ouin, tant qu’à faire, aussi ben s’acheter un bon sofa une fois, pis ça va être fait, non? Le dernier qu’on s’est acheté, on a fini par l’haïr 2 mois après.»

Ma femme avait raison. Pauvre sofa en passant. Il nous a jamais rien fait de mal pour mériter toute cette haine.

«Ben oui.»

Et c’est là que les choses ont commencé à déraper.

C’était peut-être parce qu’on venait tout juste de devenir propriétaire et que tout à coup, on voulait que toute fitte.

Ouin…la faut-que-toute-fitte aiguë.  

Je pensais que c’était juste les autres adultes qui pognaient ça avec l’âge et que moi, jeune millennial, je n’allais pas tomber dans le piège de la surconsommation…

En plus de la faut-que-toute-fitte aiguë, ma femme et moi, on avait le «ben oui» un peu facile.

«Me semble que ce serait beau dans notre salon?»

«Ben oui.»

«On pourrait utiliser ça quand on aura d’la visite!»

«Ben oui.»

«On pourra mettre toutes les consoles de jeux vidéo là-dessus!»

«Ben oui.»

«Le chat va pouvoir se coucher là-dedans!»

«Ben oui.»

«Veux-tu manger des boulettes IKEA avec un p’tit mousseux pour qu’on souligne notre nouveau condo?»

«Ben oui.»

«Ben oui.»

«Ben oui.»

«Ben oui.»

Après tous ces «Ben oui», on passe à la caisse.

«Ça va faire 2104,32$.»

Oh…c’est pas 1200$…

«Ben oui.»

Ben voyons, me semble qu’on faisait attention à prendre des meubles pas trop chers?  On a même pris la peine dans la section des plantes (tsé celle juste avant que tu arrives dans le gros entrepôt avec les meubles dans les boîtes) à se poser la question «En as-tu vraiment besoin?».  La question nous a permis de se débarrasser d’un cactus en céramique (oui…je sais) et de p’tits pots en porcelaine avec des couleurs pastelles.

Ça nous a permis de sauver 35$…

…ouin…35$…………….., j’sais pas quoi dire tellement c’est ridicule.

Enlever des meubles de la facture?

NON!  Je me voyais déjà utiliser tous ces meubles-là dans mon condo…j’peux pu m’en séparer. Ils sont à MOI!

C’est là que je me suis rendu compte qu’une fois dans le labyrinthe du IKEA, on ajoutait les meubles sur notre p’tit papier comme si on avait de l’argent Monopoly (tsé, comme quand tu as des billets de 500$ et que tu penses que tu es super riche, mais que dans le fond, tu ne l’es pas tant que ça).

On a arrêté de compter et on s’est laissé prendre par l’excitation du nouveau.

Qu’est-ce qu’on aurait pu faire?  Amener de l’argent cash? Se faire une liste à l’avance?  La fois suivante, on est allé au IKEA avec une liste bien préparée. Ça a fonctionné…correct…mais on a quand même dépassé de 100$ ce qu’on avait prévu. Bah, c’est mieux que rien, non?

La seule façon que je peux me consoler, c’est que ma femme et moi, on s’était préparé un fonds d’urgence contre les imprévus….ouin, mais je pensais que ça allait être les imprévus de la vie, pas les dépenses impulsives d’un samedi au IKEA!

Peut-être que ça devrait être ça à la place?

J’sais pas.

En tout cas, on va faire attention maintenant!  Il n’y aura plus JAMAIS de dépenses Monopoly! On a appris notre leçon!

N.B. Un mois plus tard, on s’est acheté un Roomba.

N.B.B. Oui, il y a du mousseux à la cafétéria du IKEA et oui, on en a acheté.

Texte écrit par Patrick Roy, fondateur d’Ophelia.


En plus de parler d’argent avec un peu d’humour (parce qu’habituellement, la finance personnelle, c’est plate), Ophelia a pour mission d’aider les gens à rembourser plus rapidement leurs cartes de crédit avec un prêt à taux d’intérêt réduit tout en mettant de l’argent de côté.  L’épargne accumulée peut être utilisée pour la mise de fonds d’une maison, pour cotiser à un REER ou pour payer un voyage. Vérifier si vous êtes éligible en cliquant sur le petit bouton vert ci-dessous.  Ça ne prend que 21,33 secondes (à peu près).

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